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Wikileaks

Mise à jour : mardi 20 avril 2010

Wikileaks, ce site qui a été créé en 2006 par The Sunshine Press, un organisme à but non lucratif, a pour vocation de publier de manière anonyme des informations "non politically corrects" , c’est à dire des informations sensibles, des secrets d’états…d’où son nom (leaks, signifie "fuites" en anglais). C’est Julian Assange qui incarne le plus Wikileaks. Cet informaticien australien fait partie des contributeurs et des porte parole les plus actifs du site et il siège au conseil d’administration de l’organisation. Wikileaks d’abord publié en anglais, a pour ambition d’être décliné en 12 langues. Wikileaks a commencé à être connu en France, en avril 2010 après avoir publié une vidéo Meurtre collatéral », pour dénoncer une bavure de l’armée américaine en Irak. Des militaires ont abattu des civils et deux photographes de l’agence de presse Reuters, puis détruit le véhicule qui venait leur porter secours.

C’est un site collaboratif, au même titre que Wikipedia. De nombreux dissidents chinois ou iraniens, des mathématiciens, journalistes, informaticiens américains, taiwanais, européens ont publié des documents (plus d’1 million) sur ce site afin de dénoncer une situation qu’ils considèrent comme injuste, inhumaine et inacceptable. Parmi les « fuites » les plus compromettantes : les dépenses d’équipement des États-Unis en Irak, des violations commises par les Etats-Unis du traité de la convention internationale de la guerre chimique en Irak ou des violations des droits de l’homme à Guantanamo Bay, des opérations de blanchiment aux Iles Caïmans. Les révélations de Wikileaks en fin d’année 2010 ont fait trembler la planète diplomatique. Le site a pu se procurer 250 000 télégrammes provenant de la diplomatie américaine et a eu l’idée d’envoyer ces mémos à 5 médias partenaires dont le Monde en France pour s’assurer qu’ils seraient portés largement à la connaissance du public. C’est fait. Les pratiques de la diplomatie américaine et indirectement des autres états ne sont plus un secret désormais. Pas sur que ce type d’info soit aussi utile que celles qui concernent le dérapage des militaires ou la corruption de dictateurs africains et russes….pas sur non plus que savoir comment la diplomatie américaine perçoit les différents chefs d’état relève de l’intérêt "transnational" ?? Quel intérêt de savoir que Sarkozy est perçu comme un chef d’état pro américain et pro israélien, impulsif, susceptible, brillant (au sens propre et figuré ?), avec un mauvais caractère ? Ce n’est pas un scoop pour les Français, mais peut être que cela intéresse nos voisins. En tout cas, avec ces fuites de la diplomatie américaine, Wikileaks s’est offert une belle campagne de publicité. C’est essentiel. En effet, le site est exclusivement financé par les dons « de défenseurs des droits de l’homme, de journalistes d’investigation, de technophiles et du grand public ». Crédibilité oblige, ce site doit être indépendant. C’est le prix à payer et c’est visiblement difficile, le site lance régulièrement des appels aux dons, se plaignant de ne pouvoir diffuser largement des documents intéressants en langue chinoise, iranienne… faute de fonds.

Juste une précision pour lever tout malentendu, si vous comptez sur Wikileaks pour dénoncer publiquement la qualité des plats de votre cantine, le comportement de harcèlement de votre patron, ou le non respect des 35 heures par votre groupe, c’est raté. Ce type de fuites n’intéresse pas Wikileaks qui vise nettement plus haut !

Décidément avec Wikileaks qui se veut le futur média d’investigation, les médias traditionnels vont perdre les quelques cheveux qui leur restent. Où trouver leur place entre les bloggers à la plume incisive, les sites d’info leaders d’opinion du type Rue 89, les citoyens journalistes qui utilisent les réseaux sociaux pour collecter de l’info ( cf le crowdsourcing), sans oublier, le petit dernier : mediabug, un site chargé de révéler toutes les bêtises, erreurs commises par les médias traditionnels ? Encore faut-il que tous ces sites tiennent dans la durée. Wikileaks dérange. La Chine, la Corée du Nord, la Russie, le Vietnam et le Zimbabwe ont bloqué l’accès au site mais les Européens, Américains, Suisses… ne sont pas en reste, ils ont tenté eux aussi de discréditer le site, d’obtenir son déréférencement des moteurs de recherche quand ils n’ont pas tenté d’actions en justice. L’U.S. Intelligence aux USA, considérerait WikiLeaks comme un ennemi public N°1 ; persuadée que ses propres agents communiquent des documents super confidentiels au site collaboratif. Tous les moyens sont bons pour discréditer Wikileaks à commencer par s’attaquer à la réputation de son fondateur. Julian Assange, a en effet été accusé d’avoir agressé sexuellement deux femmes, il a toujours nié ces accusations, dénonçant une "campagne calomnieuse" orchestrée par le Pentagone. En tout cas Wikileaks n’a pas dit son dernier mot et a même donné naissance à un nouveau mot : "être wikileaked" qui signifie être victime d’une fuite sur la toile (ex le dérapage d’un manager d’une société qui est porté à la connaissance du public par un blogueur, utilisateur de twitter

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