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Twimmolation

Mise à jour : mercredi 9 novembre 2011

Twimmolation fait partie des "perdreaux de l’année", ce mot suggéré par Breffni Molloy est né il y a quelques mois après une série de scandales. Plusieurs internautes ont été licenciés après avoir posté des tweets malheureux. Twimmolation est un mot valise qui associe "Twitter" et " l’immolation". En d’autres termes, la twimmolation est un suicide social ou professionnel avec Twitter.

Parmi les premières victimes de la twimmolation, on peut mentionner, ce jeune homme travaillant dans une agence de publicité ayant pour client Chrysler, et qui a été licencié après avoir envoyé un tweet sur le thème " : bizarre que Détroit (patrie de Ford) soit connue comme un symbole de l’automobile, alors que les gens de cette ville ne savent pas conduire !".

Un comédien, Gilbert Gottfried lui aussi s’est twimmolé en postant des tweets ironiques à propos du Tsunami au Japon. La société AFLAC a considéré qu’il n’était plus digne de prêter sa voix au canard, mascotte de sa campagne publicitaire. Il est vrai que Aflac réalisait 75 % de son business avec le marché japonais !

Autre célèbre victime de la twimmolation, Anthony Weiner, l’élu démocrate de New York qui a du présenter sa démission après avoir reconnu qu’il avait twitté des photos de lui en caleçon, de surcroit, plutôt en "grande forme". A sa décharge, il croyait s’adresser à sa dernière conquête mais il a cliqué sur le mauvais bouton : il a envoyé son billet à plusieurs dizaines de milliers de followers sur Twitter

Au départ, il a nié et prétendu que son compte twitter avait été piraté. Mais au final, la vérité s’est imposée, il a reconnu, en pleurs lors d’une conférence de presse que "it was not hackage but his package" ("hackage" = piratage et "package" renvoie à son intimité !).

Ses défenseurs pourront toujours arguer qu’avec un tel nom (Weiner, en allemand signifie "saucisse"), il était destiné à être mêlé à un tel scandale. Le mal (ou le Mâle) était fait !

Enfin, comme certains d’entre-vous me l’ont très justement rappelé, la twimmolation a bien failli faire une nouvelle victime, cette fois-ci en France. Eric Besson, ministre d’état… a twitté par erreur un message très personnel : "Quand je rentre je me couche. Trop épuisé. Avec toi  ? ". Pour la petite histoire, l’horloge affichait "11 heures du matin", c’est vrai que la vie de ministre c’est épuisant. Evidemment, les twittos ne pouvaient pas ne pas réagir, non sans humour, comme en témoigne ce billet de Maître Eolas : « Quand Eric Besson propose de coucher, c’est à 13.000 abonnés. DSK battu  »

Notre ministre s’excuse rapidement et assez platement : «  LOL et excuses. Ça m’apprendra à manipuler la liste des brouillons et à appuyer par erreur sur la touche envoi. Je ne me couche pas…  ». Ce tweet n’ayant pas, bien au contraire, calmé le jeu, il a fini par supprimer son tweet !!

Il a frôlé la twimmolation ce qui le rendra peut être plus prudent à l’avenir.

La twimmolation s’ajoute au casier médiatique du web. On savait déjà qu’on pouvait être "dooced" (viré) à cause d’un billet posté sur son blog, on savait aussi qu’on pouvait se faire licencier après avoir posté une photo d’une soirée arrosée alors qu’on avait déclaré un congé maladie à son employeur !!! Désormais, il faut savoir que twitter, c’est risqué.

Normalement, en tant que fidèle lecteur de Mynetwords, vous connaissez déjà les risques liés aux dweets (les tweets postés sous influence d’alcool, ou autres drogues…), maintenant, sachez qu’on peut se twimmoler en étant parfaitement sobre. 140 caractères peuvent suffire à détruire une carrière pour ne pas dire une vie. Il suffit de cliquer sur le mauvais bouton ! c’est vrai que l’adage, tournez 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler devrait être adapté au web : faire 7 rotations du poignet avant de cliquer sur la souris et de publier votre post. De même par précaution, il vaut mieux ne pas utiliser le même compte Twitter, pour converser à titre professionnel et à titre personnel. Si vous postez un billet tendancieux sur un compte personnel (réservé à vos proches amis), à priori le risque est plus faible que si vous postez ce même billet sur un compte professionnel qui réunit des centaines de followers. Gardons-nous de condamner trop vite ces nouvelles formes de communication sur les réseaux sociaux. Ils ne présentent pas plus de risque que toute exposition en public. Quand on prend la parole dans une conférence ou à la télé, la règle du jeu est la même : tout dérapage est amplifié. Avec une différence néanmoins, on se prépare à prendre la parole en public ou avec un journaliste, alors que pour prendre la parole sur Twitter, nous ne sommes pas formés ni préparés. Il est normal que certains se brûlent les ailes. Gageons que sous peu, des consultants nous proposeront des formations afin de nous éviter les mésaventures du microblogging.

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