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Stalking

Mise à jour : vendredi 13 mai 2011

Encore un mot qui risque de renforcer la motivation des anti -internet et autres rabat joies. Avec le développement du web, le stalking qui signifie en anglais la traque, est sous les feux de l’actualité. Le stalking ne se serait jamais aussi bien porté depuis l’avènement des réseaux sociaux sur le web.

Il faut reconnaître qu’ il est plus beaucoup plus facile d’espionner quelqu’un, de le harceler et d’empoisonner sa vie depuis que nous avons notre profil sur Facebook et que nous dialoguons avec nos amis virtuels dans des forums, chats…Depuis que des millions d’ internautes exposent au public une bonne partie de leur vie, les stalkers peuvent faire l’économie d’un détective privé ou d’une traque physique. Le stalker a un sentiment d’impunité grâce à l’anonymat que permet le web. C’est pourquoi le cyberstalking (ou internet stalking) est la forme de stalking qui progresse le plus désormais. Concrètement, comment savoir si l’on est victime de stalking ?

Le cyberstalking est une forme de cyberbullying (harcèlement). Si votre boite mail est saturée de mails critiques, au ton menaçant, si des messages d’insultes voire des menaces apparaissent sur votre mur Facebook. Vous devez déjà vous poser des questions.

Mais le stalker en général ne se limite pas à vous bombarder d’emails ou de messages critiques sur le web. Il vous espionne, en recueillant toutes les infos personnelles que vous avez communiquées sur le web. Il n’hésite pas à contacter vos amis virtuels sous une fausse identité pour en savoir davantage sur vous. Il peut aussi pirater vos comptes Facebook, Twitter, ou créer de faux profils et publier, en votre nom, des messages provocateurs dans l’objectif de vous discréditer. Les plus geeks des stalkers peuvent aussi vous envoyer un virus pour détruire votre système informatique ou pire pénétrer dans votre ordi, votre réseau…

De plus en plus de stalkers utilisent le téléphone mobile comme arme complémentaire : ils vous bombardent de SMS voire de coups de fils.

Le stalker a pour habitude de se présenter comme la victime… de sa victime : c’est à dire qu’ils profèrent des fausses accusations sur sa victime dans l’espoir que son attitude critique apparaisse comme une vengeance légitime.

Certains essayent de connaître votre IP ( identité numérique) afin d’identifier l’adresse de votre domicile ou de votre lieu de travail. De virtuel, le stalking peut alors se poursuivre dans la vraie vie avec toutes les conséquences qu’on imagine : agressions, kidnapping…

Un stalker est une personne psychotique, vos meilleurs arguments ne parviendront jamais à le ramener à la raison. Le profil du cyberstalker selon des experts psy américains est assez éloigné du séducteur : il vit seul dans un petit appartement sale, il se néglige, se nourrit de junkfood, travaille chez lui ou ne travaille pas du tout. Il n’a pas d’amis dans la vraie vie et guère plus dans le cyberworld. Il a des petits problèmes de personnalité et au plan sexuel, on s’en doutait !

Alors que faire si vous êtes victime de cyberstalking ?

Premier conseil, ne répondez pas aux critiques, ni aux provocations du stalker. En dialoguant avec lui vous ne parviendriez qu’à l’encourager et rentrer dans son jeu. Il est possible que votre silence suffise à le décourager Sinon, constituez un dossier dans lequel vous archiverez ses mails, vous réalisez des copies d’écran de tous les messages postés sur le forum, les faux compte facebook… Une fois ce dossier constitué, si le petit jeu s’éternise vous pourrez tenter de mobiliser les autorités. C’est assez complexe. Car la plupart des actes commis par le stalker, ne tombe pas sous le coup des lois.

L’envoi d’un mail, téléphoner à quelqu’un, voire créer un faux profil, n’est pas répréhensible au plan juridique. C’est l’effet de répétition ou l’effet de masse qui pose problème : le fait de recevoir des milliers de SMS ou de mails (SMS ou mail bombing) de la part de la même personne, n’est pas normal. Notre dispositif législatif n’est pas suffisamment adapté même s’il évolue.

De nombreux états américains se sont dotés de lois depuis 10 ans pour sanctionner les cyberstalkers qui désormais risquent un an de prison et 1000 dollars d’amende. En Angleterre aussi le cyberstalking est sanctionné par la loi. En France, c’est moins clair, la législation ne s’est pas encore intéressée au stalking. Vous pouvez vous adresser à des associations comme "cyberangels" aux USA mais qui n’ont pas d’équivalent en France. Si vous connaissez une bonne adresse n’hésitez pas à la signaler.

En attendant, nous ne sommes pas très protégés par rapport à cette nouvelle forme de menace. Le mieux là encore est de prévenir le risque. En veillant à réserver vos infos en ligne à vos amis et à bien sélectionner vos amis virtuels. N’oubliez pas qu’ils représentent souvent le cheval de troie qui va permettre au stalker de s’immiscer dans votre cyberworld. Oubliez donc le compteur de "friends", c’est en le faisant monter trop rapidement que vous risquez de faire entrer le loup dans la bergerie ! Autre précaution, n’utilisez pas les outils de géolocalisation sur le web par exemple : sur Facebook, Foursquare… résistez à la tentation de signaler à vos amis que vous passez devant un célèbre café dans l’espoir de gagner un coupon de réduction. L’anonymat et la discrétion sont vos meilleurs alliés. On pourra toujours se rassurer en sachant que les célébrités, sont les premières victimes des stalkers et qu’on a donc peu de chances d’expérimenter cette forme de bullying. Sauf si vous avez semé la souffrance autour de vous : un sérial lover a plus de chances d’être confronté à du stalking, mais dans ce cas peut on encore encore parler de stalking, les termes "vengeance, effet boomrang" ne seraient-ils pas plus adaptés ? Depuis quelques temps, on observe un affaiblissement du terme "stalking", qui est de plus en plus utilisé pour désigner le fait de suivre de près l’actualité de ses amis sur la toile. Par exemple, si vous téléchargez l’application qui vous permet sur Facebook d’être averti en temps réel des ruptures de vos contacts-friends, (breakupnotifier.com), vous serez qualifié de "stalker",ce qui est plutôt sympathique. De criminel, le stalker deviendrait un simple "curieux". Un glissement de sens qui peut créer des malentendus. En tout cas, vous voilà informé. Si votre ado vous traite de stalker, parce que vous avez jeté un oeil sur son profil Facebook, ne pensez pas qu’il vous insulte et qu’il vous dénoncera aux autorités. Il veut juste vous signaler qu’il vous juge un peu trop envahissant.

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