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Serious game

Mise à jour : jeudi 19 mai 2011

La FGMM-CFDT a eu l’idée de fêter le 1 mai 2011 en lançant le premier serious game syndical, « Majobaventure – Dans la jungle de l’entreprise » avec l’objectif assumé de recruter de nouveaux adhérents parmi les digital natives. Selon Ludovia.com "Le principe du jeu vidéo Majobaventure est simple, vous allez être embauché chez Aérotaf une entreprise aéronautique, et il va vous falloir éviter les pièges, passer un entretien d’embauche, demander une augmentation de salaire. En bref, découvrir les méandres de la jungle de l’entreprise. Si vous êtes rodé et bien informé sur vos droits de futur salarié, vous ferez de très bons scores et vous vous retrouverez peut être dans le top 10 de la communauté des joueurs qui ont partagé leur score sur Facebook".

Ainsi, le serious game serait en passe de détrôner le tract syndical ? Pourquoi pas, c’est nettement plus fun !

Concrètement, qu’appelle t’on un Sérious Game ?

Un serious game (ou jeu sérieux) est un jeu vidéo qui a une vocation "sérieuse", c’est à dire qu’il permet d’informer, de former et de sensibiliser les joueurs. C’est en Italie au quinzième siècle que cette expression serait apparue : serio ludere. Les humanistes l’utilisent pour désigner cette approche consistant à traiter de sujets sérieux sur un ton léger voire humoristique. Comme quoi, le serious game, symbole de la modernité trouve ses racines dans notre lointain passé…. Ce type de jeu permet de développer ses connaissances et ses aptitudes au raisonnement… de manière ludique, pratique et concrète. Le serious game fait appel au même design que le jeu vidéo et aux mêmes technologies : 3D, temps réel, simulation de situations réelles, d’objets, de personnes. Ils utilisent des technologies qui sont souvent présentes dans les navigateurs web ou facilement téléchargeable (Flash, Virtools, …). Le spectre des serious games est vaste, depuis l’Advergame (jeu publicitaire), en passant par les Edugames (jeux ludoéducatifs), les Military games (des jeux de type militaire), des Green games (des jeux sur le thème de l’écologie) jusqu’aux Edumarket games (des jeux combinant des messages éducatifs ou informatifs avec du marketing).

Le serious game, sous sa forme actuelle, daterait de 2002 et commence à faire de nombreux émules. Pas seulement chez les geeks puisqu’il a attiré l’attention des politiques, des publicitaires, des militants, de la religion… et des entreprises. A partir du moment où les grandes entreprises ont commencé à s’y intéresser, le serious game qu’elles ont rebaptisé" business game", est devenu un phénomène dans le monde du web 2.0. En effet, les entreprises ont investi lourdement pour développer des jeux à la hauteur de leurs clients (pour renforcer leur relation avec eux ), leurs salariés(pour les former) ou de leurs recrues potentiels (pour détecter les talents)… 2 serious games édités par la société KTM Advance représentent aujourd’hui encore de belles références : Moonshield, un jeu financé par Thalès qui annonce plus de 30 000 parties et Starbank de BNP Paribas qui 3 jours après son lancement se targuaient d’avoir attiré plus de 15 000 joueurs. Mais l’Oréal n’est pas en reste avec son Reveal, lancé en début d’année 2010. C’est un bon exemple de la manière dont une entreprise peut utiliser les serious games notamment pour recruter des jeunes à haut potentiel. A travers ce jeu, les candidats visitent virtuellement les locaux de l’Oréal, découvre les métiers du géant de cosmétiques, ont l’illusion de discuter avec les managers du Groupe. L’Oréal, quant à lui, teste les aptitudes et qualités des candidats qui sont confrontés à des problèmatiques d’entreprise ex : comment procéder dans le cas où un ingrédient pose problème dans tel produit, quels seraient vos réflexes ? Le candidat doit choisir parmi plusieurs options.

Ce jeu correspond à une première étape d’entretien d’embauche. Selon l’Oréal, 1/3 des stagiaires sont recrutés par ce moyen. Il est clair que ce type d’initiative qui reste originale valorise l’entreprise notamment au regard des digital natives (génération Y). Plus récemment IBM a lancé City one, un serious game qui invite les joueurs à résoudre des problématiques d’environnement, économique dans une grande ville moderne. Autre initiative notable, une marque de bricolage audacieuse (groupe Henkel) a lancé un serious game "Chaos à la main" destiné aux jeunes femmes, pour leur faire découvrir les joies du bricolage. Cet advergame a même décroché le grand prix de Stratégies du marketing digital en 2010.

Citons enfin l’initiative de NKM, Nathalie Kosciusko-Morizet, notre digital ministre, en qui le serious game a trouvé une vraie alliée, elle a alloué une enveloppe de 20 millions d’euros pour développer les “jeux sérieux” et ce, en pleine période crise. Parmi les heureux élus, Thalès qui, avec la RATP, a développé “BTG”… ou “Bus Training Game”, pour former des conducteurs de bus en situation réelle. Et l’entreprise “CCCP” pour son projet “Medi : Kids - Ludomedia”, jeux sérieux visant à dédramatiser l’univers hospitalier auprès des enfants malades. Attention, il ne s’agirait pas de confondre les serious games avec les advergames également proposés par des entreprises mais qui sont censés uniquement divertir là où le serious game nécessite la présence d’un scénario pédagogique.

Les serious game ont dépoussiéré le E-learning et révolutionné la formation à distance. Là ou le E learning impose une première phase d’acquisition des savoirs quelque peu rébarbative avant de proposer des tests de vérification des acquis, le Serious game confond ces deux phases : on apprend "en marchant" ou plutôt en jouant à travers des exercices pratiques. C’est pourquoi, dans le milieu de l’enseignement professionnel et de la formation, le serious game commence à être pris très au sérieux !

Emporté par cette vague du succès, le serious game prend un sens plus général, désormais tout jeu ayant une vocation sérieuse est un "serious game" et, ce même s’il ne s’agit pas d’un jeu vidéo et qu’il n’est plus supporté par les technologies de l’informatique ou électroniques.

Le serious game, pourrait-il devenir la panacée pour toute notre problématique de formation, d’information, d’éducation ? Le chemin est encore long, même dans l’entreprise, une étude du cabinet Vento a révélé que la moitié des cadres n’avait jamais entendu parler des serious game !

A quand le serious game pour éduquer nos enfants, remettre notre conjoint ou notre ado sur les rails ? Ceci étant, si les serious games intéressent les salariés, les candidats à l’emploi voire certains clients..les vrais accros aux jeux vidéos sont plus réservés. Pas facile d’amener vos ados ou votre conjoint (conjointe) à décrocher de World of Warcraft, Résident Evil ou Counter Strike pour les intéresser à un Green game ou un serious game humanitaire !

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