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Seeder

Mise à jour : mercredi 11 avril 2012

A l’origine un Seeder (prononcer SSideur) est un terme plutôt gratifiant qui désigne tout internaute qui partage un fichier, film, musique… avec les autres internautes sur un site de téléchargement (P2P). Seeder a pour origine le terme "seed" qui signifie "graine ou semence". Les seeds représentent les planteurs de graines du web, ceux qui nourrissent les plate-forme de téléchargement avec leurs fichiers.

Le terme seeder a pris une signification plus large. Désormais il désigne toute personne qui contribue à nourrir le web en apportant du contenu personnel. De ce point de vue, un blogger est un seeder, puisqu’il apporte de la matière première à la toile, à moins qu’il ne soit lui même qu’un leecheur (un "copieur" qui copy & paste les posts d’autres bloggers….).

C’est l’affaire DSK en France qui a mis en lumière une certaine race de seeders :les journalistes qui ont twitté leurs infos depuis la salle d’audience à New York étaient des seeders. Avant Twitter, les journalistes auraient envoyé leurs infos à leur rédaction à la sortie de l’audience. A New York, ils ont préféré livrer leurs infos à tous ceux qui s’intéressaient au sujet à travers un réseau de micro blogging. Ainsi tous les médias du monde entier ont été informés par les tweets.

Evidemment, cette initiative a provoqué quelques grincements dans les médias en témoigne le DG de Canal Plus, Rodolphe Belmer qui déclarait dans le monde que « Les journalistes doivent d’abord réserver leurs informations à leurs rédactions ». C’est vrai que les journalistes seeders (ceux qui tweetent leurs infos) sont payés accessoirement par les médias, on peut donc comprendre l’agacement de leur employeur. Mais les médias devraient savoir que dans les moments forts d’actualité, leurs journalistes seeders connaissent leur minute de gloire, leurs tweets sont en général cités à l’antenne, ce qui valorise d’autant leur média. ITélé n’a pas hésité à transgresser les règles de la concurrence, la chaîne a cité à l’antenne « le correspondant d’Europe 1 à New York » et deux journalistes de Radio France qui avaient twitté leurs infos. Tout compte fait, cette opération seeding représente une belle campagne de publicité pour les médias traditionnels dont les journalistes tweetent. Encore une conquête à mettre à l’actif du web, si les journalistes ne se font plus la guerre mais fraternisent, s’échangent des infos grâce à Twitter, il faut espérer que l’info gagnera en qualité. A condition que les Tweets fassent l’objet d’une vérification et que les médias ne se limitent pas à se "leecher" mutuellement. Sinon, on obtiendra l’effet inverse, l’info s’asséchera, et c’est vrai que les tweets qui ont été relayés par les médias pendant l’affaire DSK laissent sceptiques : les commentaires sur la couleur de la chemise ou sur le sourire de DSK n’étaient pas de toute première nécessité ! Ceci étant, gardons nous de jeter le bébé avec l’eau du bain, le seeding, c’est bien, il en faut pour nourrir le web, même si les seeders n’ont pas tous du talent.

Parions que le terme seeder trouvera des applications hors web pour désigner toute personne "partageuse", généreuse. On ne dira plus "il est gentil" à propos d’une personne généreuse, mais on utilisera la formule nettement plus hype : "c’est un vrai seedeur".

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