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Peer to peer (P2P)

Mise à jour : mardi 21 juin 2011

Au regard du législateur, le Peer to Peer représente « un gros mot ». En septembre 2009, la loi Hadopi a été votée en France, avec pour cible première : le peer to peer, également appelé P2P par les initiés. Un site P2P est un site qui permet aux internautes munis des logiciels adéquats de s’échanger, partager leurs fichiers (musique, film, logiciel…). Il existe différentes méthodes. La plus complexe consiste à télécharger un logiciel de P2P, par exemple Bittorent. Dans un second temps, vous faites une recherche Google, sur le nom du fichier voulu, ex le dernier album de Muse auquel vous ajoutez le mot "torrent". Google vous présente différents résultats, il faut choisir l’un des sites qui proposent ce fichier au format "torrent", par exemple : le site T411. Ce site T411 représente une bibliothèque qui contient des fichiers Torrent. Il va donc vous proposer de télécharger "l’album de Muse" ou si vous préférez le dernier "Schrek". Une fois ce fichier téléchargé, il faut l’ouvrir avec le logiciel de P2P. Et vous pourrez lire votre film, écouter votre album préféré, tout cela sans débourser un euro. Pourquoi faire appel au P2P au lieu de télécharger directement un film en se rendant dans un site-bibliothèque ? En fait, le P2P permet à un grand nombre d’internautes de télécharger en même temps un même fichier et ce, dans un délai court (quelques secondes-minutes). Par quel moyen ? Nora Neko, nous le précise : ce fichier torrent n’est pas le document final. Il s’agit d’un tout petit document au format texte qui contient une référence au fichier cherché (le film, l’album de musique…). Tous les possesseurs du même fichier torrent peuvent alors s’échanger le document cherché par petits segments. Si par exemple, il y a dix possesseurs d’un film que vous cherchez, vous serez onze à posséder le torrent, et chacun des dix autres vous enverra un morceau du film. Les logiciels comme bittorrent ont l’avantage de reconstruire les segments en un seul élément, ce qui accélère considérablement le temps de téléchargement. Ainsi, un film possédé par 1000 personnes (ou 1000 de vos pairs), sera téléchargé en quelques minutes, alors qu’il faudra plusieurs jours pour un film possédé par un seul et unique autre utilisateur. . Le P2P, présente donc bien des avantages à commencer par sa gratuité.

Mais il faut rester vigilant vous pouvez faire de mauvaises rencontres dans le parcours du combattant du téléchargement en P2P. En effet, pour accéder à votre fichier, il est difficile d’échapper à la lecture de vidéos publicitaires, souvent à caractère pornographique. Il faut avouer que cela surprend, quand j’ai voulu à titre de test, télécharger "Schrek", j’ai naïvement cliqué sur le bouton "download" le plus visible (il clignotait), grossière erreur, j’ai téléchargé une capsule vidéo porno….(j’aurais dû cliquer sur le bouton "download" plus petit, juste à côté…). Le P2P n’est définitivement pas un jeu d’enfant !

L’autre écueil du P2P, est d’ordre juridique. Le peer to peer n’est pas en soi une pratique illégale : vous avez le droit de diffuser publiquement vos propres films tournés en famille ou vos photos. Ce qui est illégal, c’est la copie et la redistribution d’oeuvres dépendants de droits d’auteurs que vous ne possédez pas (ex le film Schrek). Mais le législateur néglige de plus en plus ce détail en condamnant le procédé technique, considérant qu’il sert en général la contrefaçon d’oeuvres protégées. Désormais, le législateur considère le Peer to Peer comme une contrefaçon puisque même si vous disposez des oeuvres sur un support physique (ex CD), celles-ci ne vous appartiennent pas, vous ne pouvez donc les diffuser de manière publique. Et celui qui télécharge ces fichiers illégaux, se retrouve lui aussi en situation d’illégalité. Tout comme l’acheteur d’un faux sac Vuitton qui est passible d’amende. Certains sites de P2P ont été interdits, c’est le cas de Limewire qui est inaccessible aujourd’hui. Même s’il existe des déclinaisons de ce site, elles sont toutes aussi illégales. Pour dissuader les pirates qui s’obstineraient, la loi a prévu d’enquêter : elle a chargé une société TMG de tracker les contrevenants à la loi grâce à ses nombreux robots. Si vous téléchargez un fichier grâce au procédé du P2P vous pouvez théoriquement vous faire repérer, il vous en coutera une amende voire une suspension de votre accès internet si vous persistez (après 2 avertissements). Enfin, compte tenu du nombre de pirates potentiels, encore faut il que vous soyez un grand consommateur de téléchargements. A priori ce sont les conduites addictives qui sont les plus répréhensibles… C’est votre adresse sur le web (carte d’identité numérique) qui vous perdra, c’est à partir de cette IP, que les trackers connaitront votre véritable identité dans la vie…

Avec la loi Hadopi, le législateur avait l’espoir de porter un coup fatal au piratage. Loin s’en faut, il ne se serait jamais aussi bien porté ! Le web est très créatif, il a su proposer très vite des alternatives au P2P. Plusieurs options sont possibles pour les internautes : D’abord l’option Off line : rien n’interdit la copie physique d’un fichier : vous pouvez toujours vous faire prêter un film et le copier sur une clef USB, DVD. Mais le procédé a ses limites tout comme le streaming qu’il soit légal ou non : vous ne possédez pas le fichier donc vous ne pouvez pas le lire quand vous voulez, pas plus que vous ne pouvez en faire profiter vos amis. Sans oublier que la qualité de lecture d’une vidéo reste médiocre.

Autre option : le téléchargement directe (direct download) avec des sites comme Megaupload. Depuis que l’info circule plus vite sur le web, grâce au progrès réalisés au plan technique, on peut télécharger en direct un film et le regarder comme on regarde n’importe quelle vidéo. Il vous suffit de cliquer sur le fichier choisi dans la bibliothèque de Megaupload et le téléchargement s’opère automatiquement (grâce à l’outil de téléchargement de votre navigateur). C’est gratuit..pour les plus patients. Car si vous voulez télécharger rapidement vos fichiers, il faut s’abonner, cela vous en coutera quelques euros par mois.

Si le P2P a pris des coups, son utilisation ayant clairement baissé, il n’a pas encore rendu l’âme. Les FAI (fournisseurs d’accès sur le net) ont fourbi leurs armes pour fidéliser leurs clients accros au P2P. Ainsi Orange propose à ses utilisateurs une adresse IP dynamique qui complique la tâche des trackers, étant donné que votre identité sur le web (celle, par laquelle on peut vous confondre), change tous les 24 heures !!! En fait, la loi Hadopi a généré une nouvelle économie souterraine, elle a favorisé le développement de sites qui proposent des moyens de contourner la loi. Principalement des sites qui vous permettent d’échapper aux méchants robots trackers de TMG. C’est le cas des P2P cryptés tels que ANts, ou MUTE, qui rendent votre adresse IP invisible et qui cryptent les fichiers que vous piratez. De plus en plus de sites vous proposent de naviguer sur le web et de télécharger des fichiers pirates, avec une adresse IP anonyme. C’est comme si vous disposiez de faux papiers quand vous « circulez » sur le web, donc vous avez moins de chance d’être arrêté…Bien entendu ces sites qui veulent le bonheur des pirates sont payants, cela ne vous coutera que quelques dizaines d’euros par an. Certains sites vont même plus loin, notamment Seed Fuck, qui vous permet « d’emprunter » une adresse IP d’un autre internaute pour naviguer, en cas de contrôle, c’est cet autre internaute qui sera sanctionné. De quoi faire retourner les pionniers du net dans leur tombe (c’est juste une tournure de langage, parce qu’ils sont encore au top de leur forme, ces défricheurs du web !). C’est vrai que le procédé n’est pas vraiment conforme à l’esprit du « web », on est loin de la fraternité entre internautes !

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