Sélectionnez une lettre de l'alphabet
L

L

legende

Ça veut dire quoi ?
On en pense quoi ?

Leecher

Mise à jour : mercredi 29 juin 2011

Pas de quoi pavoiser, si on vous traite de Leecher (prononcer : litcheu). C’est comme si on vous traitait de "parasite" du web. D’ailleurs, Leecher signifie Sangsue en anglais. Ce nom proposé par Kaesse est éloquent, à l’origine, il désigne toute personne qui télécharge des films, de la musique… en se rendant sur un site de partage de fichiers (P2p ou Peer to peer) mais sans jamais en retour partager ses fichiers avec les autres membres du site.

Certains sites de partage prévoient des sanctions pour les Leechers. Ils calculent un ratio "nombre de téléchargements par rapport au nombre de fichiers partagés". Il faut suivre de près ce ratio comme vous suivez vos points sur votre permis de conduire, car quand ce ratio vire dans le rouge, vous êtes "banned", c’est à dire que vous n’avez plus de droit de télécharger de fichiers sur ce site. On oppose souvent les Leechers aux Seeders. Ces derniers représentent les planteurs de graines du web, ceux qui nourrissent les plate-forme de téléchargement avec leurs fichiers. En gros, les seeders sont les gentils et les leechers les méchants du web. Ceci étant, mieux vaut se faire traiter de Leecher dont le sens échappe à nombre d’internautes (enfin ceux qui ne connaissent pas Mynetwords !) que de "pompeur" ou pire de "lécheur", équivalents de Leecher en français.

Le terme Leecheur a progressivement pris un sens plus large. Aujourd’hui, il désigne toute personne qui exploite le potentiel du web sans rien donner en retour. Ainsi un internaute qui utilise des logiciels piratés mais sans pirater lui même est un leecher. Moralité, il faut pirater soi même, c’est fortement conseillé.

Le leecher est apparu dans les feux de l’actualité avec l’affaire DSK en France. En effet, l’affaire DSK a suscité un intérêt très fort dans les médias du monde entier. Or seule une centaine de journalistes a eu la possibilité de participer aux audiences au tribunal pénal de New York. Etant donné que les journalistes n’avaient pas le droit de téléphoner, ni de filmer les audiences, ils ont eu l’idée de livrer leurs informations sur le réseau Twitter. La seule façon pour les médias du monde entier d’être informés avant la sortie de la salle d’audience, était de suivre en temps réel les tweets de leurs confrères. Ce faisant, ils sont apparus comme des Leecheurs, puisqu’ils se sont limités à reprendre dans leur journal les Tweets de leur pairs. C’est vrai que dans le cas présent, les journalistes se sont comportés comme des parasites des twittos (membres de twitter). Sans Twitter, nous n’aurions jamais su ou en tout cas, pas avant la fin de l’audience que : "DSK était vêtu d’un costume gris et d’une chemise blanche et qu’il a souri à sa femme Anne Sinclair", c’est pourtant ce que nous a appris Laurence Ferrari au 20 heures de TF1, grâce aux tweets. L Ferrari, cette célèbre journaliste, ne serait donc qu’une Leecheuse ! Gardons-nous quand même de jeter la pierre aux Leecheurs. N’est-ce pas dans la nature même de la toile de partager des infos avec l’ensemble des internautes ? Les journalistes utilisent de plus en plus les internautes comme vous et moi pour obtenir de l’info (cela s’appelle du crowdsourcing) . Désormais, ils s’utilisent mutuellement en communiquant grâce à un réseau de micro blogging et ils en font profiter tous ceux qui s’intéressent au sujet et pas seulement leur rédaction. C’est conforme à l’esprit du web 2.0. Evidemment tout est question de mesure, si les journalistes se limitaient à leecher les tweets… l’information s’appauvrirait en sonnant le glas des médias.

Un peu de leeching ne nuit pas à la santé mentale, mais l’excès est condamnable. De toutes les façons, les leecheurs n’ont pas attendu Twitter pour exister : ils ont commencé à l’école, en jetant un oeil discret au dessus de l’épaule de leur voisin, histoire d’assurer la bonne note. Ils ont continué au bureau, en "pompant" les bonnes idées de leurs collègues et même à titre personnel, en récupérant les posts de leurs bloggers préférés pour briller dans les diners en ville… Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? Rien d’ étonnant à cela, que celui qui n’a jamais leeché lève le doigt !

Écrire un commentaire