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Hacktivisme

Mise à jour : jeudi 14 juin 2012

L’Hacktivisme mot proposé par Frances Meadows est une contraction de "hacker" (pirate du web) et de "activiste" (militant). Le terme désigne l’utilisation des technologies du web, des réseaux sociaux…pour faire avancer une cause. C’est à dire que l’hacktiviste (celui qui pratique l’hacktivisme) utilise ses compétences de super geek au service des droits de l’homme, de la liberté d’expression et d’information. En général, la cause qui anime l’Hacktiviste est de nature politique mais elle peut être aussi religieuse.

L’intention est louable. Certains considèrent les hacktivistes comme les nouveaux Robins des Bois qui utilisent la toile comme camp de retranchement pour lutter contre les apôtres du "néo libéralisme" ( gouvernements, corporations…) comme Robin Hood naguère avait investi la forêt pour lutter contre la tyrannie du Shérif de Nottingham.

Si Robin des Bois maniait avec dextérité le poignard, la hache ou l’arbalète, l’hacktiviste est plus habile pour lancer des attaques DDOS (multiplier les requêtes sur un site pour le neutraliser), recourir au "defacement" (polluer la page d’un site par un message par exemple en y diffusant une photo militante) ou encore empoisonner ses adversaires en leur transmettant un virus….qui détruit leur programme….c’est le cas d’un groupe d’hacktivistes qui a infecté le site de la Nasa SPAN en y introduisant un ver.

Il peut aussi choisir de détruire les systèmes de sécurité des sites des institutions qu’il combat : par exemple un groupe a neutralisé des firewalls afin de permettre aux Chinois d’accéder à des sites censurés. Il peut enfin créer des sites "miroirs" qui reprennent le contenu de sites censurés par des gouvernements, la justice (ex Wikileaks).

Comme Robin des Bois, l’hacktiviste se joue de la loi et des règles fixées par des institutions dont ils contestent la légitimité.

Un bon hacktiviste ne doit pas céder à la facilité, par exemple, il est si facile de pratiquer le "Defacement" sachant que le système d’exploitation de Microsoft contient de nombreuses failles, qu’un hacktivist digne de ce nom doit trouver d’autres moyens pour faire entendre sa cause.

Dans l’esprit, l’hacktiviste est proche des défenseurs du "open source", c’est à dire ceux qui luttent pour que les logiciels, les programmes soient accessibles à tous, gratuitement et non la propriété de grandes entreprises comme Apple ou Microsoft. Ceux qui décryptent les codes pour que chacun puisse y accéder pour participer collectivement à l’amélioration d’un programme. C’est le cas d’un groupe d’ hacktivistes qui ont décrypté les programmes d’un site afin de permettre à tout un chacun de copier des DVD (droits protégés).

L’esprit originel de l’hacktivisme est lié à l’humour, plus qu’à l’agressivité et la violence qui sont le propre de la "real life". Ainsi Amazone a été victime d’un groupe d’Hackistes qui a piraté son site : les acheteurs du dernier livre de l’évangéliste Pat Robertson ont pu découvrir sur le site un message leur recommandant la lecture d’un autre ouvrage " le meilleur guide pour le sexe annal" !! Humour donc, mais pas nécessairement toujours du meilleur goût !

Pour l’hacktiviste, les gouvernements, les corporations… ne sont pas du tout aussi protégés dans le cyberespace que dans la real life. C’est pourquoi il faut les attaquer dans le monde virtuel.

L’hacktivisme est une pratique qui suppose d’être passionné et de maîtriser les technologies de l’informatique, du web..L’esprit d’origine de l’hacktivisme impliquant de renoncer aux moyens faciles, conduit certains à rechercher en permanence de nouveaux moyens pour faire avancer leur cause. C’est pourquoi certains qualifient cette pratique "d’Art". Après le cinéma, la radio, télé, BD… l’hacktivisme pourrait-il gagner le titre de "10 ième art" ? C’est possible.

Petit bémol, l’hacktivisme porte en lui des "germes" (des virus ??) qui pourraient lui porter un coup fatal.

Certes il a gagné ses galons avec au départ avec des groupes tels que Cult of the dead cow ou "electronic disturbance theater" qui ont lutté pour des causes tout à fait légitimes comme défendre la liberté d’expression sur le web, lutter contre la scientologie, aider les Tunisiens, les Egyptiens à renverser le pouvoir en place, lors du Printemps Arabe. Citons aussi Tiltfactor, un groupe de Hackistes qui a créé des jeux afin de faire prendre conscience des problèmes de santé publique (ex un jeu qui montre comment une maladie peut se répandre). Citons aussi la fameuse Toywar : des hacktivistes ont pris la défense d’un site qui faisait l’objet d’une attaque juridique d’un grand groupe de jouets alors qu’il était dans son droit. La Toywar a fait chuter l’action du groupe de jouets et impacté ses ventes de Noel obligeant la société à renoncer à son action juridique.

D’autres groupes sont animés par des causes plus sujettes à débat ex Milworm attaque BANC (centre nucléaire indien) pour protester contre l’utilisation de l’arme nucléaire. Ou encore citons une initiative plus discutable : le TBT qui crée un modèle de portable pour aider les Mexicains à traverser clandestinement la frontière américaine en leur fournissant des informations précises sur les points d’eau…

Anonymous qui représente l’un des groupes d’Hacktivistes les plus réputés et les plus influents semble quelque peu dépassé par certains membres. Par exemple quand un petit groupe qui se présente comme Anonymous publie sur son site britannique une liste de noms de femmes ayant eu recours à l’avortement, c’est vrai que la "cause" semble plus contestable.

Mais dès lors que la démarche d’hacktivisme peut être anonyme, elle ouvre la porte à tous les dérapages. Un geek un peu dérangé peut agir au nom de l’hacktivisme et participer à décrédibiliser la démarche militante. Reste que l’hacktivisme représente une forme de contre pouvoir qui peut jouer son rôle pour dénoncer certains abus de notre société. C’est une pratique qui remonte à la fin du 20 ième siècle, elle atteint tout juste l’age adulte, gageons que les adeptes de première heure saurons rappeler à l’ordre les hacktivistes qui en feront un usage abusif.

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