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Fork

Mise à jour : jeudi 6 septembre 2012

Rassurez-vous, il n’est pas question que Mynetwords ouvre ses pages à des ustensiles culinaires. Au sens figuré, le terme anglais, Fork ( fourchette), signifie "embranchement", différenciation.

Mais comme nous l’indique Laurent, auteur d’un blog très instructif* : Fork a un sens bien précis en informatique et dans le monde du web, qu’il nous livre :

Le Fork désigne un nouveau projet de logiciel construit par des contributeurs qui utilisent un code source existant (pour autant que ce soit légalement possible). Les contributeurs mettent ce nouveau projet à la disposition du public en se passant de l’avis du développeur originel.

Ces contributeurs deviennent les nouveaux leaders de ce projet qui prend le nom du projet originel.

Un fork peut se faire de manière consensuelle, ou à l’issue d’un conflit ou d’une impasse dans certains cas, on parle alors de "spork", par analogie avec le spam J’ajouterai que Spork du point de vue phonétique fait penser à l’animal de compagnie préféré de G Clonney, le cochon, ce qui renforce la connotation négative de ce terme.

A titre d’exemple, voir le site de développement collaboratif Github.com

* http://eclairermalanterne.blogspot….

Quand on se ballade sur la toile sur les traces de "Fork", on réalise vite que ce terme fait débat. Certains le considèrent comme un gros mot et d’autres comme un bienfait.

En fait nombre de geeks, opposent "Fork" au monde du libre (l’open source).

Dans l’open source, des contributeurs peuvent accéder aux codes source d’un logiciel pour pouvoir optimiser celui-ci ou le personnaliser mais ils sont tenus de présenter leur projet de modification aux créateurs du programme originel qui ont tout pouvoir de décider s’ils intègrent ou non ces propositions à leur programme. Certains critiquent ce fonctionnement qu’ils jugent "féodal" : considérant qu’il n’est pas normal qu’ une communauté de développeurs qui intervient de manière bénévole pour optimiser le programme d’un autre, est obligée de se soumettre à la sentence des "seigneurs" (créateurs du programme). Ce n’est pas tout à fait l’esprit du "libre". C’est ainsi, nos intentions les plus louables sont souvent trahies par nos émotions : même le monde du "libre" génère de la frustration, conduisant à inventer un autre monde celui du "fork" qui se veut plus moderne (pas d’autorité verticale) et encore plus libre mais qui génère d’autres problèmes…

Pour les défenseurs du "libre", les contributeurs qui se contentent d’optimiser les programmes existants peuvent gagner une crédibilité plus forte que les auteurs initiaux ce qui n’est pas nécessairement juste. En d’autres termes, il n’est pas rare que l’élève (le Forker) dépasse le maître (celui qui a crée le programme). D’ailleurs le suivi des discussions sur ce sujet dans les forums aurait de quoi faire sortir Freud de sa tombe. Il est question des "fils" (les Forkers) qui "tuent" leur père (l’auteur du programme originel) car leur Fork remporte plus de succès que celui de leur père. C’est le cas des développeurs dissidents de Xfree 86 dont le Fork, X.Org qu’ils ont créé a été rapidement préféré à l’original, X Free 86.

Dans les faits, le Fork est souvent né de distensions entre les développeurs originaux d’un programme qui ne s’entendent plus sur la manière de faire évoluer leur logiciel, l’un décide alors de Forker (et oui, Fork a donné naissance à un très joli verbe !) c’est à dire de "suivre ses propres traces".

Evidemment, le Fork fait grincer certains, qui considèrent cette démarche comme une forme de parasitage. Selon eux, Forker ne serait pas une activité très noble, étant donné qu’ il suffit d’ajouter une modeste fonctionnalité à un programme pour mériter le label "Fork". Le terme Fork, prend un sens plus large pour signifier un simple "produit dérivé" qui se rapproche du sens figuré de la "fourchette" (branching). Le monde de la télé, a adopté Fork en tant que "déclinaison" : ainsi South Fork est une déclinaison de la célèbre série Dallas. Parions que ce concept, dans sa version quelque peu relâchée (capitaliser sur le travail des autres) sera adoptée plus largement dans notre vie quotidienne. A commencer par le monde l’entreprise . Désormais vous pourrez dire : j’ai l’impression que mon collègue est en train de forker mon projet de développement durable (traduction : il veut récupérer mon projet en se faisant mousser auprès de la direction) . Forker devrait aussi facilement trouver sa place sur les bancs de l’école : mon voisin de table, m’a forké (il a copié sur moi). Espérons qu’il ne s’immisce pas dans notre vie sentimentale Forker la meilleure amie de votre femme (ou le meilleur ami de votre homme), c’est pas très fair !

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