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Effet Streisand

Mise à jour : mercredi 23 novembre 2011

Qui aurait pu imaginer qu’une actrice et chanteuse septuagénaire (donc pas vraiment une digital native) donnerait naissance à un terme très populaire sur le web : l’effet Streisand ? L’effet Streisand (proposé par Nora Neko et Kaesse) désigne l’effet pervers ou boomerang (comme vous voudrez) d’une action en justice intentée à un acteur du web (site, blog).

Le terme est né suite à une plainte déposée en 2003 par la chanteuse contre un site qui avait publié une photo de sa maison sur le web. Ce site s’est défendu sur le web, et expliqué que s’il avait pris en photo la propriété de la chanteuse, c’était pour une noble cause : il s’agissait d’ attester de l’érosion de la côte californienne. Sa position a été largement reprise sur le web. Moyennant quoi, cette photo qui aurait du rester inaperçue sur la toile, a été vue plus de 500 000 fois après la plainte… C’est la première fois qu’on assistait aux effets boomerang d’une tentative de censure sur le web.

En d’autres terme, le remède (l’action en justice) a été bien pire que le mal (une photo vue par une poignée de personnes). Depuis cette affaires, les exemples de l’effet Streisand n’ont cessé de se multiplier sur le web. http://www.thestreisandeffect.com/ a même été créé pour recenser les cas de crise qui illustrent cet effet.

On peut citer quelques exemples mentionnés par le site "streisand effect" : Ralph Lauren qui a attaqué en justice un site américain en 2009 parce qu’il critiquait l’une de ses campagnes publicitaires. Sa tentative de censure a généré un tel buzz qu’il a du s’excuser à la télé, étant donné que la crise avait gagné les médias traditionnels. Tiger Woods a également fait les frais de l’effet Streisand, en interdisant aux médias de publier des photos le représentant nu auxquels ils pourraient avoir accès. Son action a généré une campagne médiatique.

Avec le temps, l’effet Streisand a pris un sens plus large, il désigne aujourd’hui tout effet boomerang d’une action de censure y compris hors web. Vous pouvez très bien comme Tiger Woods déclencher une polémique après avoir demandé à un journal de retirer une photo compromettante par exemple. Et l’effet Streisand ne concerne pas que les personnalités ou les grands groupes, tout le monde peut en être victime.

Une association de chiropracteurs par exemple a attaqué un médecin qui critiquait sa communication jugée à la limite du mensonge. Un groupe de bloggers s’est emparé du sujet et a généré un buzz qui a décrédibilisé profondément l’association.

Alors comment éviter d’allonger la liste des victimes de l’effet Streisand ? C’est pas facile, surtout pour les entreprises ou pour les people qui ont le réflexe du "juridique". Ceux qui ont tendance à appeler leur avocat au secours à la moindre contrariété.

Depuis 10/15 ans, nous avons assisté à la judiciarisation de notre société, le moindre malentendu finissant dans les tribunaux, au grand bonheur des avocats. Il semble que le web porte un coup à cette puissance du judiciaire. Désormais, si vous êtes épinglé par un blogger ou si une vidéo sur Youtube parodie votre entreprise ,un bon conseil, faites tourner 7 fois la souris de votre ordi avant de vous lancer dans une bataille juridique. Il vaut mieux réserver l’action en justice aux rares occasions où : la critique qui vous est adressée n’est en aucun cas justifiée, vous êtes irréprochable d’une manière générale dans votre comportement car une fois que les lumières seront braquées sur vous, vous ne savez pas ce qu’elles vont éclairer ( les cadavres dissimulés dans votre placard ?).

En cas de doute mieux vaut s’abstenir. Et si de surcroit ceux qui vous critiquent agissent avec esprit et humour, il est encore plus risqué de les attaquer.

Enfin, même si vous avez toutes les raisons d’intenter une action en justice, sachez que celle-ci en plus d’être risquée, est rarement efficace. Le temps de la justice n’est pas celui du web. Il vous faudra au moins 24 h pour obtenir le retrait d’une vidéo compromettante du web, en référé. Pendant ce temps, la vidéo aura fait le tour de la toile. Qui plus est, désormais le web a trouvé un antidote à la censure : les miroirs (sites miroirs). Ces sites reproduisent le contenu exact d’un autre site qui pour différentes raisons (le plus souvent, ils sont censurés) n’est plus accessible).

http://streisand.me/ est un nouveau service qui a pour vocation assumée de dénoncer toute forme de censure sur le web. Il contient des pages qui ont été censurées et donc retirées du web mais qu’il remet en ligne à travers des sites miroirs. On voit bien que le web fourbit sans cesse de nouvelles armes pour lutter contre toute forme de censure et préserver la liberté d’expression sur le web.

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