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Cybersquatting

Mise à jour : jeudi 8 décembre 2011

C’est Spexis qui a attiré mon attention sur une nouvelle pratique en vogue sur la toile mais néanmoins tout à fait répréhensible : le Cybersquatting. Le cybersquatting consiste à enregistrer un nom de domaine (grossièrement : l’identifiant d’un site internet ex Paris.fr) correspondant à une marque qui appartient à une entreprise. Cette dernière ayant omis de réserver (ou de renouveler le dépôt) le nom de domaine correspondant à sa marque sur le web, il laisse le champ libre à des personnes peu scrupuleuses qui vont profiter de sa négligence.

Le Cybersquatter utilise pour parvenir à ses fins les différentes formes d’extension disponibles (.fr, .com, .org, etc.) et les nouvelles extensions génériques (.biz, .info, .name). Ainsi il ne va pas se contenter de déposer le nom de domaine de St tropez.fr, mais aussi " St Tropez.com, .org…." je cite cet exemple car la ville de St tropez a été victime de cybersquatting ce qui confirme la force de la marque !

En effet, le cybersquatting peut être utilisé avec des motivations différentes. Un objectif business : c’est devenu un vrai business pour certaines personnes voire sociétés de déposer des noms de domaine ex SFR.com dans l’espoir de les revendre cher à ceux qui détiennent la marque à savoir SFR. Plus la marque est connue, plus celle-ci peut potentiellement payer cher pour racheter la propriété de son nom de domaine. Certains pratiquent le cybersquatting avec une toute autre intention ; ils souhaitent affaiblir la marque dont ils ont déposé le nom de domaine. Ainsi un cyberquatter, la société W3 Systems a déposé le nom de domaine "SFR .com" et réorientait les internautes vers Itineris, un concurrent de SFR. Il a ainsi capitalisé sur le trafic généré par la marque SFR.. Il y a quelques années, des sites pornographiques n’hésitaient pas à utiliser des marques d’assurance ou de banque connus pour doper leurs visites. Désormais les grandes marques sont plus vigilantes. Autre motivation, on peut pratiquer le cybersquatting pour discréditer une personnalité politique ou une institution. Ainsi le site www.u-m-p.fr, à une époque pointait, c’est à dire orienter ses visiteurs automatiquement vers le site AntiSarko.

Bien entendu, selon la jurisprudence, le cybersquatting est répréhensible, c’est une pratique qui s’oppose au droit de la propriété intellectuelle et au droit des sociétés (concurrence déloyale, parasitisme). En général, dans la plupart des pays, la justice donne raison aux vrais propriétaires de la marque (ceux qui l’ont créée et l’utilisent même s’ils n’ont pas déposé le nom de domaine correspondant).

Les cybersquatter utilisent une faille au plan juridique : la loi sur les marques (protection des noms de domaine) est théoriquement plus forte que les pratiques visant à utiliser un nom sans en avoir le droit. En d’autres termes, si vous avez développé une marque depuis 5 ans (exemple totalement fantaisiste) " CRE", que vous l’utilisez tous les jours en proposant vos produits au nom de cette marque, mais que vous avez oublié de déposer les noms de domaine : CRE.com, CRE.Fr. Si un méchant cybersquatter dépose ces noms de domaine, il est probable que la justice vous donne tort ! On voit bien qu’il faut être vigilant. Les grandes marques ont réagi rapidement en réservant tous les noms de domaine associés à leur marque. Mais les cybersquatter ont riposté avec le typosquatting. C’est une pratique dérivée du cybersquattage qui consiste à enregistrer des noms de domaine avec une faute de frappe (par exemple SSFR.fr). Le cybersquatter ajoute un S à la marque SFR, et l’affaire est faite, il peut attirer tous les internautes qui s’attardent un peu trop sur certaines touches du clavier, il peut donc détourner une partie de la clientèle de la marque à son profit. Il peut aussi espérer récupérer des mails de clients destinés à la marque piratée. Si la marque en question est une banque, on peut imaginer que les mails échangés ont un caractère confidentiel, les capter peut être très intéressant pour le typosquatter et extrêmement pénalisant pour le banquier et son client… On voit bien la nécessité de déposer tous les noms proches de la marque, à un ou deux caractères près, et surtout veiller à ce que les extensions considérées ".fr" ".org" ".com"… comme évidentes par vos clients soient bien déposés. Ceci étant ce conseil s’adresse à ceux qui disposent de marques fortes, les cybersquatter ne s’intéressent pas au menu fretin. En conclusion, si vous êtes victime d’un cybersquatter, considérez-le comme un signe de reconnaissance de la puissance de votre marque !

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