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BYOD

Mise à jour : vendredi 22 mars 2013

"BYOD pour la réunion du 15" : la première fois que j’ai reçu ce message envoyé par un client par mail, je n’ai pas compris. Je me suis adressée à notre jeune contributeur Benoit Olivier en espérant qu’il saurait décrypter ce terme. Non seulement Benoit me l’a expliqué mais il accepté de le définir pour les lecteurs de Mynetwords. Cette expression hype, abréviation de l’anglais Bring Your Own Device signifie : Apportez votre appareil personnel. Rassurez vous ce terme, juste imprononçable (Biode en version française), s’utilise surtout à l’écrit. Le terme est utilisé dans les entreprises qui autorisent ou plutôt incitent leurs employés à apporter leur ordinateur ou leur smartphone personnel sur leur lieu de travail. De plus en plus d’entreprises développent des applications pour permettre à leurs employés de se connecter à leur système informatique avec leur appareil personnel. Normal, en période de crise toute économie est bonne à prendre. Les entreprises ne se font pas prier pour réduire leur budget IT (pour les non initiés comprendre système informatique et d’information) et laissent volontiers les salariés acheter leurs propres appareils. De leur côté les employés préfèrent travailler au bureau avec leur IMac ou le dernier Asus en date plutôt que le PC AT d’IBM fourni par leur employeur. Idem pour les étudiants qui ont trouvé le moyen d’échapper aux vieux PC Compaq mis à disposition par leur université.

A première vue, le BYOD est une relation win-win ; tout le monde y gagne. Mais pour l’entreprise comme pour l’employé le BYOD est une épée à double tranchant.

C’est bien connu, il est plus facile de pirater nos ordi personnels qu’un ordi de bureau. Surtout si vous regardez des films en streaming ou téléchargez des fichiers illégalement, vous êtes une bonne cible pour les hackers qui pourront ainsi espérer contaminer l’informatique de votre entreprise. Alors, les entreprises ont imposé leurs conditions, vos équipements doivent respecter les contraintes des équipements propriété de l’entreprise. Des systèmes permettant de sécuriser le parc de smartphone ou d’ordinateurs propriété des salariés ont vu le jour, le BOYD représente même un nouveau marché pour les Microsoft, Orange… En apparence, c’est l’entreprise qui a le plus à gagner avec BYOD puisqu’elle a réussi à transférer ses dépenses informatiques ou de téléphone à ses salariés en réglant les problèmes de sécurisation des données au détriment de la liberté de ses salariés : elle peut leur interdir l’accès à des sites pour adultes voire des sites de jeux, quand elle ne restreint pas l’accès à certains réseaux sociaux.

En réalité, le salarié, n’est pas le seul à déchanter par rapport au BYOD. Le gain pour l’entreprise n’est pas si clair : si l’employeur contrôle complètement l’utilisation des smartphones ou ordi de leur employé, en général, il se doit de co-financer l’appareil. De plus, il s’expose à des risques juridiques importants. Le dispositif d’effacement des données de l’ordinateur, à distance permet de protéger l’entreprise dans le cas où le le salarié se fait voler son terminal, mais une fausse manip est vite arrivée, ex l’informaticien de l’entreprise efface les photos de vacances à distance…les conséquences au plan juridique peuvent être importantes. Enfin le coût pour gérer-sécuriser cet ensemble d’équipement (tel, ordinateurs) hétérogène, au final, est élevé. C’est pourquoi nombre de DSI (direction service information) résistent en France à la vague BYOD. A peine la moitié accepte que leurs salariés utilisent leur ordi ou tel portable dans le cadre de leur travail contre plus de 70 % en Chine ou aux USA. Certaines préfèrent le COPE (corporate owned personally enabled) au BYOD : l’entreprise achète les terminaux pour les employés qui les gèrent ensuite eux même (ces terminaux sont sécurisés par l’entreprise). L’employeur pense ainsi réduire le risque juridique (il est propriétaires des appareils), faire des économies en termes d’achat (achats groupés) et de maintenance (système homogène). En attendant, BYOD a déjà trouvé sa place dans nombre d’entreprises et notamment dans les directions commerciales.

Certains salariés craquent et finissent par acheter deux ordinateurs celui mis à disposition de son entreprise et le vrai perso, qui échappe au contrôle de leur employeur. Maintenant que certaines entreprises ont pris gout au BYOD, on peut s’attendre au pire, pourquoi ne pas appliquer ce principe aux repas : chacun amène sa gamelle et l’entreprise supprime la cantine, chacun amène ses papiers, crayons et pourquoi pas sa voiture de manière à ce que leur employeur taille dans ses couts "papier" et allège sa flotte automobile. Le BYOD n’a pas dit son dernier mot, vous voilà prévenus.

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